Infos pratiques :
Passeport
Carte nationale d´identité ou passeport en cours de validité pour les
citoyens français (pour les autres nationalités se renseigner auprès du consulat
ou de l'ambassade).
Si vous voyagez avec vos enfants et qu'ils ne figurent
pas déjà sur votre passeport, sachez que dorénavant les mineurs, quel que soit
leur âge, doivent eux aussi avoir une carte d'identité individuelle ou un
passeport individuel. L´inscription sur le livret de famille ne suffit pas. A
noter qu'un mineur voyageant sans ses parents devra également se munir d'une
autorisation de sortie du territoire que vous pourrez obtenir auprès des
services de votre préfecture de police.
Décalage
Pas de décalage horaire sauf aux Canaries (GMT – 1 heure par rapport à la
France, hiver comme été).
Quand il est 12 heures en France, il est 11 heures
aux Canaries.
Argent
Cartes de crédit acceptées à peu près partout. Distributeurs largement présents y compris dans les petites villes. Banques ouvertes en général du lundi au vendredi de 8 h à 14 h.
Electricité
220 V. Les prises espagnoles acceptent les prises françaises à deux fiches. Il peut y avoir des problèmes avec les prises de terre légèrement différentes.
Horaire
Magasins ouverts en général de 9 h à 14 h et de 17 h à 20 h du lundi au samedi. Seuls les grands magasins pratiquent la journée continue.
Média
La presse espagnole est largement délocalisée. Même les journaux sportifs ont
des éditions régionales. Les plus gros tirages sont ceux de la presse « people »
que les Espagnols adorent.
Les deux quotidiens nationaux les plus populaires
sont El Mundo, plutôt conservateur et El Pais, plutôt plus progressiste. Les
autres quotidiens (ABC, La Razon) penchent nettement à droite.
La télé est
omniprésente. Dans les bistros, les restaurants, les campings, il y a toujours
une télé qui hurle… et que personne ou presque ne regarde. Les émissions
préférées sont les matchs de foot et les émissions « people » basées sur les
interviews des chanteurs, des acteurs et autres personnalités dont la plupart
vous sont inconnues. Nombreuses chaînes locales, en basque, en catalan ou en
galicien.
La plupart des hôtels proposent des bouquets satellites avec
chaînes françaises (au minimum TV5).
Poste
Bureaux de poste partout et ouverts toute la journée de 8 h à 18 h dans les grandes villes. Dans les petites villes, les bureaux de poste ferment de 14 h à 17 h. Le courrier marche plutôt bien.
Téléphone
Cartes téléphoniques en vente dans les bureaux de tabacs et kiosques à
friandises. Cabines disponibles à peu près partout.
Pour appeler de la
France/Belgique vers l'Espagne : 00–34 suivi du numéro du correspondant
Pour
appeler de l'Espagne vers la France : 00–33 suivi de neuf chiffres (ne pas
composer le 0)
Internet
Cyber–cafés dans toutes les villes de quelque importance avec connections haute vitesse.
Couverture GSM
Excellente sauf dans certaines zones des montagnes du nord et de Castille centrale.
Devise
EUR
Adresses utiles :Ambassade
Ambassade d'Espagne en France
22, avenue Marceau – 75008 Paris
Tel :
0144431800
Fax : 0147205669/0147235955
http://www.amb–espagne.fr
Ambassade de France en Espagne
Salustiano Olozaga – 9 28001 MADRID
Tel : 0034914238900
Fax : 0034914238901
Consulat
En France, il existe un consulat d'Espagne dans les villes suivantes : Paris,
Bayonne, Bordeaux, Lyon, Marseille, Montpellier, Pau, Perpignan, Strasbourg,
Toulouse, Metz, Nîmes.
Office de tourisme
Office espagnol du tourisme à Paris
43, rue Decamps – 75784 Paris Cedex
16
Tel. : 0145038250
Fax : 0145038251
www.espagne.infotourisme.com
Capitale
Madrid
PIB
20 000 € par habitant avec de fortes distorsions (France, 26 000 €)
Point culminant
Le Pic de Teide (3718 m) dans les îles Canaries. Pour l´Espagne continentale, le pic de Mulhacen (3482 m) près de Grenade, dans la Sierra Nevada.
Superficie
504 782 km², soit 1,1 fois plus petit que la France.
Climat
L´Espagne possède une large variété de climats. Le Nord–est (Pays basque,
Cantabrie, Galice) possède plutôt un climat de type atlantique, doux en hiver et
parfois pluvieux. L´Andalousie, protégée par la Sierra Nevada et la Cordillère
Bétique, subit des influences nettement africaines (la zone d´Almeria est
presque désertique). La côte orientale, de la Catalogne à Murcie est absolument
méditerranéenne avec des étés chauds et secs et des hivers très doux. Les
plateaux du centre (Castille et La Mancha) ont un climat continental. Un
proverbe (exagéré) prétend que le climat de Madrid c´est « neuf mois d´hiver et
trois mois d´enfer ». Mais il neige régulièrement en hiver dans des villes comme
Soria ou Burgos.
Pour simplifier, sachez que le film "Les Sept Mercenaires"
a été tourné à Almeria et "Le Docteur Jivago" à Soria.
Les Baléares ont un
climat méditerranéen et les Canaries, largement plus au sud, un climat africain
tempéré par des influences atlantiques.
Précision importante : quelque
soit la région les piscines des hôtels ouvrent en général uniquement à partir du
mois de juin.
Géographie
L´Espagne est d´abord un vaste plateau protégé au sud par la Sierra Nevada et
la Cordillère bétique et au nord par les Pyrénées et la Cordillère cantabrique
qui les poursuit du Pays basque à la Galice. Ce plateau calcaire est traversé
par trois grands fleuves : l´Ebre, le plus septentrional coule d´ouest en est et
se jette dans la Méditerranée en Catalogne ; le Douro et le Tage coulent d´est
en ouest et se jettent dans l´Atlantique au Portugal.
Ce plateau castillan a
longtemps été le royaume des bergers et des immenses troupeaux de moutons.
L´utilisation d´engrais chimiques a permis la mise en culture de gigantesques
surfaces mais il reste une trace de l´ancienne organisation : l´Espagne centrale
est un quasi–désert et on peut rouler longtemps sans traverser un village.
Les villes et la richesse se sont concentrées sur les côtes ce qui explique
les tensions historiques entre la capitale, au cœur du plateau castillan, et les
puissantes villes côtières d´Andalousie, Catalogne, Galice et Pays basque
Economie
L´économie espagnole s´est profondément transformée en 20 ans sous
l´influence de l´Europe. Le pays autarcique, pauvre, rural des années 1900 est
devenu une vraie puissance moderne. L´Espagne n´est pas réellement un pays
industriel : un quart à peine des Espagnols travaille dans l´industrie,
principalement dans des PME. L´agriculture est fortement mécanisée sauf dans les
terres maraîchères d´Andalousie qui utilisent de nombreux travailleurs immigrés
qui peuvent poser problème dans certaines zones.
Par contre, les services
comptent pour les 2/3 du PNB et de l´emploi. L´Espagne possède un puissant
réseau bancaire et certaines sociétés (Telefonica, Repsol) possèdent de fortes
ramifications internationales, surtout en Amérique Latine
Faune et flore
L´Espagne abrite de nombreuses espèces protégées. Dans le nord, le loup n´est
pas rare. De nombreuses espèces d´oiseaux migrateurs nichent pratiquement à
l´année : les cigognes un peu partout, les ramiers dans la Dehesa autour de
Talaveira.
Mais dans l´ensemble, sauf dans la Cordillère Cantabrique, la
richesse écologique n´est pas exceptionnelle.
Ecologie
Le bilan espagnol est contrasté. Si 1/4 de l´électricité provient du nucléaire, les énergies renouvelables et notamment l´énergie éolienne et l´électricité hydraulique sont largement représentées : en Navarre, en Andalousie les éoliennes sont nombreuses et peuvent même parfois gâcher le paysage. Les déchets commencent à peine à être correctement traités et on trouve souvent des décharges sauvages. L´Espagne a créé de nombreuses réserves et des parcs nationaux mais ils ne sont pas toujours à l´abri des pollutions. On a le sentiment d´un passage direct du XIXème au XXIème siècle sans étape intermédiaire En tous cas, la conscience écologique est forte et les mouvements de protection de l´environnement puissants.
Population
43 000 000 d'habitants.
Langue Officielle
La langue officielle est l´espagnol.
Langue parlée
D'autres langues que l'Espagnol sont tout aussi pratiquées telles que le galicien en Galice, le catalan en Catalogne et l´euskera en Pays basque et Navarre. Quelques variantes sont utilisées comme le bable en Asturies ou le valencien.
Peuple
L´Espagne est une mosaïque de peuples dont certains ont une identité très
forte bien que la Péninsule ait pu être considérée par certains comme un creuset
d´influences. Récemment un sondage montrait que 80% des Basques et 75% des
Galiciens se considéraient plus Basques ou Galiciens qu´Espagnols. Mais ces
tendances centrifuges ne sont pas perceptibles partout et en Andalousie côtière
vous ne les percevrez pas.
Dans toute l´Espagne pourtant, une ethnie a gardé
une identité particulière : les Gitans. Par leur musique, le flamenco, par la
corrida, ils en sont arrivés à représenter une Espagne archétypique et
aujourd´hui, être Gitan n´est plus une tare, bien au contraire. Pour beaucoup, y
compris dans l´aristocratie, être admis à une fête gitane est une marque
d´orgueil.
Religion
95% des espagnols sont catholiques. Il n´y a quasiment plus de juifs et les
protestants pourraient presque se compter sur les doigts de la main. Restent les
musulmans et quelques églises importées comme les Pentecôtistes qui prennent une
place dominante dans les communautés gitanes.
La religion catholique est
partout, dans les églises et les musées, bien entendu, mais surtout dans la vie
quotidienne, rythmée par les fêtes religieuses et patronales que l´on appelle
ferias et romerias (pèlerinages) En Espagne, on fête tout : le saint patron du
quartier, de la ville, de la province, de la nation (St Jacques le 29 juillet),
plus toutes les fêtes de la Vierge (baptême, Assomption) et beaucoup d´autres
saints qui n´existent même pas au calendrier.
Attention : ces fêtes se
traduisent par des quantités de jours fériés locaux.
Fêtes Nationales
Le 12 octobre, jour de l´Hispanité.
Calendrier des Fêtes
Les jours fériés à l'échelle nationale sont les suivants : 1er Janvier (Jour
de l´An); 6 Janvier (Epiphanie) ; 14 avril (Vendredi Saint, varie en fonction
des dates de la Semaine Sainte, il s'agit du vendredi précédant le lundi de
Pâques) ; 1er mai (Fête du Travail) ; 15 Août (Assomption) ; 12 Octobre (Fête
Nationale) ; 1er Novembre (Toussaint) ; 6 Décembre (Fête de la Constitution) ; 8
Décembre (Immaculée conception) ; 25 Décembre (Noël).
En Catalogne, en
Navarre et au Pays Basque le lundi de Pâques est également férié. De plus,
chaque région a un jour férié que l´on appelle le jour de la « Communauté
Autonome » : Andalousie le 28 février ; Aragon le 24 Avril ; Asturies le 8
Septembre ; Baléares le 1er Mars ; Canaries le 30 Mai ; Cantabrie le 28 Juillet
; Castille la Manche le 31 Mai ; Castille et Léon le 24 Avril ; Catalogne le 11
Septembre ; Communauté Valencienne le 9 Octobre ; Estrémadure le 8 Septembre ;
Galice le 17 Mai ; La Rioja le 9 Juin ; Madrid le 2 Mai ; Murcie le 9 Juin.
Enfin une ville ou un village peut avoir un jour férié qui n´existe que dans
cet endroit, sachant que le nombre maximum de jours fériés par an est de 15.
Histoire
Bien qu´ils soient omniprésents, il y avait une Espagne avant les Romains. La
Péninsule était peuplée de tribus apparentées aux Celtes. On trouve encore leurs
traces en Galice et dans les Pyrénées. Les Romains envahissent l´Espagne dès le
IVème siècle avant notre ère ; c´est que la péninsule est riche en métaux et
surtout qu´elle se trouve bien près de l´Afrique. La conquête prendra près de
200 ans : les Celtes et les Ibères n´avaient pas très envie de devenir citoyens
romains ! L´Espagne va être une des principales provinces de l´Empire romain et
pourtant les vestiges ne sont pas légion : à Numance, à Tarragone, les monuments
romains restent visibles. Presque partout ailleurs, ils ont disparu sous les
constructions postérieures
A la fin de l´Empire, les Wisigoths, virés de
France par Clovis, se rendent maîtres de l´Espagne. Leur royaume connaît assez
vite une certaine prospérité mais ils manquent d souplesse religieuse et
persécutent tous ceux qui ne sont pas comme eux, chrétiens de tendance
arianiste, et principalement les juifs qu´ils écrasent d´impôts. Pour se venger,
ces derniers appellent les Arabes du Maroc à la rescousse et en 711, Tarik passe
le détroit de Gibraltar en lui donnant son nom (djebel al Tarik, la montagne de
Tarik) Sept ans plus tard, il est à Barcelone. Les Espagnols vont mettre sept
siècles à récupérer leurs terres.
La période des royaumes arabes va être une
des plus prospères de l´Espagne. Contrairement à une certaine propagande, les
Arabes sont plutôt tolérants : ils prélèvent simplement un impôt spécial sur
ceux qui ne pratiquent pas leur religion. Leur civilisation est brillante et ses
traces se retrouvent partout. Les plus évidentes sont les mosquées restées
debout comme celle de Cordoue, les palais comme l´Alhambra de Grenade, les
forteresses comme celle d´Almeria ou l´Alcazar de Tolède. Mais il en est de
beaucoup plus subtiles. Les Arabes apportent leur maîtrise de l´eau :
aujourd´hui encore des régions comme celle de Tudela utilisent le réseau
d´irrigation créé par les Arabes. La toponymie garde des signes avec toutes les
villes dont le nom commence par « Al » ou les rivières d´Andalousie dont le nom
commence par « Guad » déformation du mot arabe « oued » A ce compte, de
nombreuses familles se convertissent ; l´émir de Tudela s´appelle Beni Qassim,
le fils de Cassius, indiquant une origine romaine évidente. Même le fameux Cid
sera pendant une dizaine d´années, seigneur d´un fiel dépendant de l´émir de
Valence. Et d´innombrables églises romanes ont des clochers octogonaux sur le
modèle du minaret de Cordoue.
Pourtant les Arabes n´ont pas conquis les
montagnes du Nord–est : Galice et Asturies ont été préservés grâce à la victoire
de Covadonga remportée par le roi Pelayo. Covadonga est d´ailleurs un des grands
sanctuaires de l´Espagne où les rois se rendent régulièrement. Autre poche de
résistance : le Haut–Aragon où une petite dynastie résiste. Vu la géographie
locale et la pauvreté de la zone, la résistance ne devait pas être bien
difficile et les attaques pas très nombreuses. Mais c´est du nord que va partir
la Reconquête qui a laissé tellement de traces en Espagne.
Dès le VIIIème
siècle, Charlemagne porte les premiers coups aux Arabes après que son père les
eut arrêtés à Poitiers. Il s´agit surtout de coups de mains et de petites
guerres car les Pyrénées sont bien loin d´Aix–la–Chapelle. On en a retenu la
mort de Roland à Roncevaux après que l´Empereur ait rasé Pampelune. Mais cela
donne quelques idées à de petits seigneurs locaux et dès le IXème siècle, un
Navarrais s´autoproclame « roi de Pampelune » Tous ces petits seigneurs se
livrent à de fréquentes attaques contre les Arabes et en 843, à la bataille de
Clavijo, alors que les Chrétiens vont succomber, arrive un cavalier monté sur un
cheval blanc qui met les Maures en pièces. Tout le monde l´a reconnu, c´est
Saint Jacques tueur d´Arabes, « Santiago Matamoros » : quand on voyage en
Espagne, on le retrouve partout, et pas seulement dans les églises. Monté sur
son cheval blanc, coiffé d´un grand chapeau, il brandit une énorme épée. Le
saint est aussitôt proclamé patron de l´Espagne et, second miracle, on retrouve
tout de suite son tombeau à St Jacques de Compostelle. Le fameux pèlerinage
commence dès le début du Xème siècle. La Reconquête va prendre son visage
définitif : non seulement le pèlerinage amène en Espagne des hommes et de
l´argent, mais surtout les moines viennent et bâtissent de lourds monastères
comme autant de forteresses. Tout le Nord de l´Espagne est encore couvert de ces
abbayes, filles de Cîteaux et de Cluny.. On a pu dire qu´il y avait plus
d´abbayes bourguignonnes en Galice qu´en Bourgogne.
La Reconquête va
véritablement modeler le visage de l´Espagne moderne. Les rois de Navarre, Léon
et surtout Aragon vont grignoter les positions arabes dans la vallée de l´Ebre.
Le Pape ayant proclamé la Croisade, les chevaliers en quête de terres affluent,
surtout de France. Et la guerre se déplace peu à peu vers le sud : en 1212, le
roi de Navarre remporte la bataille de Las Navas de Tolosa, à la limite de
l´Andalousie. De mariages en coups bas (quand un seigneur du nord part faire la
guerre au sud, il n´est pas rare qu´un frère ou un neveu lui vole ses terres),
on se retrouve à la fin du XIIIème siècle avec trois grands royaumes : Castille,
Navarre et Aragon, la Navarre étant gouvernée par les Comtes d Champagne ; ceci
explique le titre de Roi de France et de Navarre dont les Bourbons pourront se
parer après avoir hérité de leurs cousins champenois. Les Arabes ne règnent plus
que sur l´Andalousie Le XVème siècle verra la fin de la Reconquête. La capitale
a été installée à Madrid, au cœur du royaume, la reine de Castille a épousé le
roi d´Aragon et Grenade tombe en 1492, l´année où Christophe Colomb découvre
l´Amérique. L´Age d´Or peut commencer, sauf pour les juifs expulsés sans
ménagement.
Le petit–fils des Rois Catholiques, Isabelle de Castille et
Ferdinand d´Aragon, est né de mère bourguignonne aux Pays–Bas. Charles–Quint est
certainement le roi le plus puissant du XVIème siècle. Tout en se battant avec
constance contre le roi de France, il envahit la Navarre et complète ainsi ses
possessions péninsulaires. Notons malgré tout que le Portugal avait déjà fait
sécession. L´exploitation de l´Amérique est commencée et l´Espagne reçoit
régulièrement or, argent et épices. La Castille produit des tonnes de laine que
les tisserands des Flandres espagnoles mettent sur le marché sous forme de draps
et de tapisseries.
Mais l´Espagne va devoir gérer une subtile révolution :
Luther a planté le germe du protestantisme au Pays–Bas. Philippe II qui succède
à son père va devoir faire face. Par réaction contre l´austérité protestante,
les églises deviennent somptueuses. C´est le grand début du baroque aux statues
polychromes, aux retables dégoulinant d´or et d´anges joufflus tandis que les
frères Churriguerra dessinent des façades qui ressemblent à des meubles. En
moins d´un siècle, les deux tiers des églises romanes vont disparaître, encore
que, bien souvent, on trouve derrière la façade churriguerresque, un bâtiment à
la structure médiévale.
Les bourgeois flamands vont finir par gagner au
terme d´une longue guerre civile et l´Espagne
perd ses colonies du nord.
D´incessantes guerres avec la France et l´Angleterre ont affaibli l´Espagne. Et
le mariage de Louis XIV donne à la France des droits sur le royaume d´Espagne.
En 1700, Philippe V, petit–fils de Louis XIV monte sur le trône de Madrid. Les
Bourbons règnent sur l´Espagne : ils y sont toujours. Les traces française sont
innombrables à qui sait voir : les jardins d´Aranjuez sont largement inspirés de
ceux de Versailles et le cœur de Ferrol semble avoir été dessiné par Ledoux.
Charles IV (non, on n´a pas régressé : Charles Quint était le cinquième
Empereur, mais en Espagne il régnait sous le nom de Charles 1er) était un
faible, soumis à sa femme Marie–Louise (allez voir son portrait au Prado, Goya
ne l´a pas gâtée) Toute laide et désagréable qu´elle ait été, elle avait un
amant, Godoy qu´elle nomma Premier Ministre. Tout ceci incite Napoléon à
conquérir l´Espagne. Erreur fatale : les Espagnols n´aimaient pas Godoy, mais il
aimèrent encore moins les Français et Joseph Bonaparte que son frère avait mis
sur le trône. Il fut vite surnommé Pepe Botella que l´on peut traduire par «
Jojo la bouteille » Aidés par les Anglais, les Espagnols inventent la guérilla
et chassent les Français. Ferdinand VII monte sur le trône, annule la
Constitution de Cadix et remet de l´ordre à sa manière, sans douceur. Le parti
libéral, fort puissant dans le nord–est, renâcle. Ferdinand n´a qu´une fille,
Isabelle à qui il veut laisser le trône. Mais les Bourbons sont soumis à la loi
salique qui interdit aux femmes l´accès au trône. Ferdinand abolit la loi
salique en affirmant que ce qui vaut en France ne vaut pas en Espagne. En 1833,
à sa mort, son frère Carlos se rebelle et lève des troupes : c´est la première
guerre carliste et le début de troubles qui vont durer un siècle.
Pendant
tout le XIXème siècle, l´Espagne va aller de coups d´états en révoltes. Pendant
quelques années, les Bourbons seront remplacés par les ducs de Savoie et on
verra même une République. Tout ceci traduit avant tout des oppositions
structurales entre un Nord industrialisé et un Sud agricole, un Nord plutôt
libéral et un Sud plutôt conservateur. Les influences extérieures ne manquent
pas de venir mettre de l´huile sur le feu. En même temps, en France, sous
l´influence de l´Impératrice Eugénie, l´hispanophilie fait rage. Peintres et
écrivains se précipitent vers la péninsule et les musiciens découvrent les
tonalités espagnoles. Carmen peut naître.
En 1902, Alphonse XIII monte sur
le trône après des années de régence de sa mère Maria Cristina. Très jeune, le
roi est souvent ballotté entre de fortes personnalités dont la plus connue est
Primo de Rivera, Premier Ministre aux tendances dictatoriales. Si bien qu´en
1931 les élections donnent la majorité au Frente Popular : le roi abdique et la
République est proclamée. Après les élections de 1936, triomphales pour la
gauche, l´armée marocaine conduite par le général Franco se soulève et envahit
la péninsule. La guerre civile va être atroce et laisser des traces profondes en
Espagne. Laboratoire d´essais pour les nazis comme à Guernica, symbole de
l´internationalisme prolétarien, la guerre va faire des centaines de milliers de
morts. En 1939, des milliers de Républicains émigrent pour fuir la victoire des
rebelles nationalistes.
La dictature de Franco va durer 36 ans, jusqu´à sa
mort en 1975 Ce sont des années de plomb. Les caciques du régime tiennent les
leviers de commande, l´Eglise est omnipotente, le divorce est illégal, les
élections libres inexistantes. Seuls les Basques de l´ETA luttent avec quelque
succès, assassinant l´amiral Carrero Blanco, Premier Ministre et vieil ami du
dictateur.
En 1975, Juan Carlos II devient roi d´Espagne, selon le désir de
Franco. Les premières mesures prises par le souverain relancent l´espoir : les
langues minoritaires sont officialisées, les autonomies mises en place, le
divorce légalisé, le tout sous l´autorité du plus libéral des conservateurs,
Adolfo Suarez. En 1978, la nouvelle Constitution est proclamée, les parlements
provinciaux sont élus, l´amnistie est totale pour les prisonniers politiques.
L´Espagne est sur la voie de la modernité.
En 1982, avec Felipe Gonzalez, le
Parti Socialiste revient au pouvoir et en 1986, l´Espagne entre dans le Marché
Commun, scellant ainsi son retour dans le camp des démocraties modernes. En
1996, les conservateurs reviennent au pouvoir. Ils s'y maintiennent jusqu'en
mars 2004 où les socialistes leur succèdent à nouveau.
Politique
Monarchie parlementaire. Le roi nomme le gouvernement en fonction du résultat
des élections mais une loi ne peut être valide qu´après son approbation : il est
obligé de signer mais dispose du délai qu´il souhaite ce qui lui permet,
théoriquement, de bloquer les lois qu´il désapprouve. L´héritier du Royaume
porte le titre de Prince des Asturies.
Le gouvernement a été dirigé de 1996
à 2004 par Jose Maria Aznar (PP). Les élections de mars 2004 marquent le retour
des socialistes au pouvoir en la personne de José Luis Rodriguez Zapatero
(PSOE).
Les principaux partis sont le Partido Popular (PP), conservateur,
fondé par Manuel Fraga Iribarne, ancien ministre de Franco, le Partido
Socialista Obrero de España (PSOE) ou Parti Socialiste ouvrier espagnol et
Izqierda Unita (IU) qui regroupe les communistes et les Verts. Dans certaines
régions, les partis régionalistes ont un poids important : BNG en Galice (Bloc
nationaliste Galicien), PNV (Parti Nationaliste Basque) en Pays basque et
Convergence et Union (CiU) en Catalogne.
Il existe deux chambres regroupées
sous le terme de Cortes Generales : un Sénat de 259 membres dont 208 élus au
suffrage universel et 51 désignés par les autonomies ; une Chambre des députés
de 350 députés élus à la proportionnelle.
Les 50 provinces espagnoles sont
regroupées en 19 « autonomies » disposant d´une large liberté d´action, parfois
limitée par leur potentiel : la Communauté de la Rioja est grande comme un
département français, alors que la Communauté autonome d´Andalousie regroupe dix
provinces qui couvrent un quart de la superficie du royaume.
Les 50
anciennes provinces sont toujours une réalité pour les choses triviales comme
les codes téléphoniques et, jusqu´à mai 2003, les plaques minéralogiques.
Célébrités
Si l´on excepte les hommes politiques et les militaires, les grandes figures
espagnoles sont d´abord des artistes. Des peintres comme Velasquez, Zurbaran,
Goya, Juan Gris, Miro, Dali ou Picasso. Des musiciens comme Albeniz ou Granados.
Des chanteurs comme Placido Domingo ou Julio Iglesias et des chanteuses comme
Teresa Berganza et Montserrat Caballé. On trouve de grands cinéastes, de Luis
Bunuel à Pedro Almodovar ou Carlos Saura. Des écrivains : Fernando Arrabal et
Miguel de Cervantès, Camilo José Cela ou Jose Bergamin.
Peu de scientifiques
mais vous verrez partout le nom de Ramon Y Cajal, neurologue exceptionnel et
Prix Nobel de médecine. Et contrairement à ce qu´on pense, ce n´est pas
Magellan, Portugais, qui a bouclé le premier tour du monde mais bien un
Espagnol, Sebastian Elcano, son lieutenant. Il est vrai que les Philippins ayant
mangé Magellan, il ne pouvait pas revenir à Cadix.
Savoir-vivre
Le pourboire est soumis à votre libre appréciation. Pour toutes les personnes
intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous
avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est
d´usage dans la quasi–totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque
l´on a été satisfait du service.
Pour les chauffeurs nous vous conseillons
au minimum l´équivalent de 1.5 € ou 2 $ par jour et par personne. Nous vous
conseillons le double pour les guides.
En ce qui concerne le personnel local
(porteurs, serveurs, etc) les usages sont très variables. Nous vous conseillons
de caler votre pourboire en fonction de l´économie locale : le prix d´une bière
ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes locales, etc vous donneront un aperçu du
niveau de vie et vous permettront comme vous le faites naturellement chez vous
de caler le montant de votre pourboire si celui–ci vous parait justifié.
Achat
Vous rapporterez des broderies et dentelles d´Andalousie ou de Galice, des
toiles de lin, mais surtout des produits gastronomiques : le jambon est partout
délicieux et bon marché, les miels sont d´une étonnante diversité, etc…
N´hésitez pas à aller dans les monastères : presque tous vendent des
produits élaborés par les religieux : poteries à Leyre, vin de messe à La Oliva,
etc…Cherchez dans les grandes villes les magasins monastiques, vous ferez des
découvertes surprenantes
Cuisine
La cuisine espagnole est l´une des plus savoureuses d´Europe. La base en est
la grillade, qu´il s´agisse de viandes ou de poissons. Les cuisiniers espagnols
sont très attentifs à la qualité de leurs produits. Poissons et fruits de mer
sont omniprésents, même au cœur de la Castille. Les légumes sont abondants et
bon marché.
Il existe de nombreux plats locaux : les tripes (callos) à
Madrid, le merlu à la biscayenne, cuisiné avec des légumes frais, au Pays
basque, la paella dans la région de Valence, la fabada (sorte de cassoulet) dans
les Asturies…
On trouve, dans les grands restaurants, une sorte de nouvelle
cuisine, assez sophistiquée qui même allègrement viande et poisson, sucré et
salé. Quand c´est réussi, c´est souvent grandiose.
Les tapas (en Andalousie)
ou pintxos (au Pays basque) sont des mini–plats que l´on mange au comptoir en
buvant un verre de vin. La capitale en est sans conteste Saint–Sébastien : nulle
part, on ne trouvera une telle variété de produits, du requin à l´œuf de caille.
Ailleurs, il s´agit plutôt de croquettes, bouchées de pain et de charcuterie,
fruits de mer (le plus souvent en conserve), bouchées d´omelettes, etc…
Les
cazuelas sont des sortes de plats du jour le plus souvent servis au comptoir :
les plus populaires sont les albondigas (boulettes de viande hachée), le poulpe,
les calmars frits ; Et les Espagnols adorent les « platos combinados » (plats
combinés) où les ingrédients de base sont les œufs, le jambon, les pommes de
terre.
LES SALAISONS
Pendant des siècles, le cochon fut
l´animal–roi. Rustique, vivant de peu, engraissant vite, facile à conserver, à
saler, à fumer, il était un idéal. Seul, le mouton pouvait le concurrencer sur
les terres sèches de Castille, Aragon ou Navarre.
Aujourd´hui, on assiste à
une montée en puissance des bovins, notamment dans « l´Espagne verte » (Pays
basque, Cantabrie, Asturies, Galice). Le veau des Asturies et le bœuf du Goierri
bénéficient d´une appellation d´origine contrôlée.
– Le Jambon de montagne
(Jamon serrano) : c´est un grand classique. Il en existe des dizaines de
variétés correspondant à des races procines ou à des terroirs. Savez vous, par
exemple, que le célèbre éleveur de toros Victorino Martin est avant tout un
producteur de porcs qui vivent en liberté au milieu des toros braves ? Le jambon
de Salamanque peut se manger après un an de séchage. Quand il est trop vieux, ou
trop dur, on l´utilise pour parfumer le cocido (potée) ou le caldo (bouillon).
Le chorizo : encore un grand classique. Saucisson de porc parfumé et
coloré au piment, plus ou moins doux, il en existe aussi de multiples variantes
régionales : chorizo de Pamplona (Navarre), traditionnellement haché en gros
morceaux, chorizo de Salamanca, haché beaucoup plus fin.
Le lomo : moins
connu, il s´agit de filets mignons de porc, séchés et légèrement fumés. Dans
certains restaurants espagnols, on le présente comme du bacon alors qu´il est
servi sans couenne et sans gras. On peut le faire frire avec des œufs sur le
plat, ce qui donne l´un des plats les plus populaires du pays.
La cecina
de Leon : comparable à la viande des Grisons, la cecina est une viande de bovin
séchée et légèrement fumée. Coupée en fines lamelles, c´est, dans le nord de
l´Espagne, un grand classique des bons bars à tapas. Elle a un goût très fin et
elle incite à l´accompagner d´un bon verre de vin rouge. La cecina bénéficie
d´une appellation d´origine et n´est produite que dans la province de Léon.
La morcilla de Burgos : on dirait du boudin, mais le goût en est plus
moëlleux. Ce goût provient de l´adjonction de riz cuit que les paysans
pratiquaient jadis afin de produire un peu plus de boudin avec un peu moins de
porc. Recette de pauvres, elle est aujourd´hui assez strictement codifiée : trop
de riz la rend insipide, pas assez de riz enlève de la douceur. Elle n´est
produite qu´en Castille, autour de la ville de Burgos.
La sobrasada des
Baléares : encore un saucisson aromatisé au piment, tout à fait particulier. La
sobrasada peut se manger froide ou grillée comme une saucisse. Elle est LE grand
classique de la nourriture majorquine. Naturellement, elle n´est produite qu´aux
Baléares.
LES PRODUITS DE LA MER
Avec près de 5000 km de côtes,
l´Espagne est un pays de pêcheurs, pêche côtière sur les côtes méditerranéennes
où dominent les poissons de roches et les petites langoustes, pêche hauturière
sur les côtes atlantiques. Le poisson est généralement consommé très frais à
l´exception du thon que l´on peut mettre en conserve et de la morue que l´on
sale. Ceci implique une très bonne connaissance des saisons de pêche.
On
trouve partout mollusques et fruits de mer, y compris au cœur de la Castille.
Les produits de la mer sont une religion dans le pays et de nombreux
transporteurs veillent à ce que le poisson arrive dans la journée dans les
villages les plus reculés.
Et qui sait que la petite ville galicienne de A
Guarda est la capitale européenne de la langouste ?
Les berberechos de
Cantabrie : ce sont tous simplement des coques au naturel. On n´imagine pas un
bar espagnol sans une assiette de berberechos sur le comptoir. On en trouve sur
toutes les côtes mais les plus appréciées sont celles de l´Atlantique, des
provinces de Galice, Cantabrie, Biscaye et Gipuzkoa.
Les navajas de
Galice : les couteaux sont aussi un grand classique des bars à tapas. Ils sont
en général servis au naturel. Les plus appréciés viennent des rias de Galice où
la mer découvrante laisse des hectares de plages et de haut–fonds aux pêcheurs
de coquillages.
Les chipirones de Gipuzkoa : petits calmars, encornets,
sépias, les traductions sont nombreuses mais, peu à peu, le nom local de
chipiron l´emporte. Naturellement, ils doivent être pêchés à la ligne, puis
vidés et le corps est empli d´une farce faite à partir des tentacules et en
utilisant l´encre que ces animaux produisent pour se protéger. C´est un grand
classique de la cuisine basque et notamment du Gipuzkoa.
Le pulpo al
ajillo : peu de pays au monde consomment autant de poulpe que l´Espagne. En
Galice ou en Asturies, c´est certainement le mollusque le plus commun. On le
mange frit au piment, froid en salade ou en escabèche, ou comme ce soir, avec un
peu d´huile d´olive parfumée à l´ail.
Les mejillones al escabeche : les
moules sont omniprésentes. Les préparations sont innombrables mais, dans
l´ensemble, on préfère les mollusques de bonne taille. Les plus appréciées sont
celles de Galice.
Les anchoas al natural : l´anchois est un poisson–roi.
Il arrive dans le golfe de Biscaye en avril et annonce les sardines et les
thons. D´avril à août, il est consommé en friture mais les prises sont si
abondantes qu´on se doit de le conserver. Légèrement salé, il peut se conserver
une à deux semaines et s´appelle alors boquerones. Conservé dans la saumure, il
reprend son nom d´anchois et sert à tout parfumer, y compris les laitues. Chaque
province a sa recette et la plus connue est celle de Biscaye où aucun autre
produit que l´huile d´olive n´est utilisé.
LES LEGUMES
La tradition
maraîchère est omniprésente dans la vallée de l´Ebre, en Navarre et Rioja, ainsi
que dans la région de Valence. Les systèmes d´irrigation des huertas (jardins)
est exactement le même qu´au XIIème siècle, les Espagnols ayant pieusement
conservé les canaux creusés par les Arabes qui fonctionnent à l´identique,
parfaitement entretenus et à peine modernisés.
Les cogollos de Tudela :
les sucrines de Tudela sont strictement protégées et font la fierté d´une ville
qui a donné son nom à deux appellations contrôlées de légumes (sucrines et
artichauts). On les mange traditionnellement à la croque–au–sel, avec un filet
d´huile d´olive et deux anchois.
Les guindillas d´Andalousie : les
petits piments verts, plus ou moins piquants, conservés dans le vinaigre, sont
l´ancêtre des pickles britanniques. Ils servent à tout aromatiser mais peuvent
aussi être grignotés au bar, entre deux verres de vin blanc sec.
Les
piquillos de Lodosa : produits exclusivement à la limite de la Navarre et de la
Rioja, les poivrons doux de Lodosa peuvent être mangés frits mais aussi, farcis
à la chair de morue. C´est un plat traditionnel du nord de l´Espagne que l´on
trouve de plus en plus sur les tables en France. Mais attention, seul le poivron
de Lodosa, à la chair ferme et douce, est strictement protégé. Il est en général
produit par des paysans–coopérateurs qui veillent à empêcher l´intrusion des
industriels dans leurs cultures.
Les artichauts et asperges de Navarre :
les artichauts de Navarre sont tout petits, au point qu´on ne consomme pas leurs
feuilles, mais seulement les cœurs. Froids, c´est un mets de roi, tendre et
parfumé. Les Navarrais les préfèrent poêlés avec de fines lamelles de jambon.
Les terres siliceuses de la vallée de l´Ebre sont aussi le royaume de
l´asperge qui est le seul légume à pouvoir pousser dans certains villages. Les
Navarrais et les Riojanais utilisent une codification très précise des asperges
selon leur taille, leur diamètre, leur couleur.
Les câpres d´Andalousie
: les caporones du sud sont nettement plus gros que nos câpres et peuvent
atteindre la taille d´une olive. Ils sont conservés dans le vinaigre. Il n´y a
guère, c´était la nourriture de base des journaliers andalous avec l´oignon
blanc et l´ail.
Les olives : l´Espagne est le premier producteur
d´olives d´Europe. En Catalogne, mais surtout en Andalousie, autour de Jaèn, les
oliveraies s´étendent à perte de vue. Le voyageur qui traverse la province de
Jaèn en voiture est surpris par l´entêtante odeur d´huile d´olive qui flotte
partout dans l´air. L´olive est consommée majoritairement verte et très souvent
farcie, d´un anchois, d´un bout de piment. La plupart des olives sont vendues
dénoyautées mais cette tendance s´inverse avec l´augmentation du coût de la main
d´œuvre.
LES FROMAGES
Ils sont peu nombreux et le fromage de brebis
est largement majoritaire sauf dans le nord–ouest.
Le manchego : fromage
de brebis traditionnel de la Mancha (on en parle dans Don Quichotte), on le
trouve partout en Espagne où manchego est devenu quasiment synonyme de fromage
de brebis. Il en existe de multiples variétés dont la saveur dépend des
pâturages et surtout du degré de maturité. Traditionnellement, il se mange
semi–curado, c´est à dire pas trop frais. En vieillissant, il devient très dur,
légèrement piquant, mais peut se conserver des mois et des mois.
L´idiazabal : fromage de Gipuzkoa, bénéficiant d´une appellation
d´origine, il est considéré comme le roi des fromages de brebis. Tous les ans,
pour la fête de la Vierge en septembre, les bergers basques se retrouvent dans
le petit village d´Ordizia pour élire le meilleur fromage de l´année qui est
ensuite mis aux enchères. Jadis, les notables se battaient pour acquérir ce
champion et honorer leurs invités. Aujourd´hui, ce sont les supermarchés qui se
disputent le meilleur fromage pour leur publicité. Les prix peuvent atteindre
3000 € le kilo.
Le cabrales : fromage persillé des Asturies auprès
duquel le roquefort peut passer pour un miracle de douceur, il est produit dans
la zone des Pics d´Europe. Il est affiné dans des dizaines de petites grottes
dont chacune a sa spécificité. Les producteurs mélangent lait de vache et lait
de brebis dans des proportions variables et, de ce fait, aucun cabrales ne
ressemble à un autre. D´autant qu´on aime à y ajouter des herbes aromatiques, du
piment et, dans les boutiques spécialisées, on peut voir les amateurs hésiter
entre cent fromages, tous différents.
Les tetillas de San Simon :
fromage de vache produit en Galice, son goût très fin s´apparente à celui de
certains fromages hollandais. Comme eux, il vieillit bien et peut se conserver
longtemps. Son nom vient de sa forme, elle même liée aux moules utilisés dans la
fabrication.
LES PATISSERIES
L´Espagne est plus salée que sucrée
encore que certaines spécialités comme les caramels durs de Pampelune soient
étonnantes (ces caramels font la fortune des dentistes). L´influence arabe se
fait sentir dans la double utilisation du miel et de l´amande, mais les
conquistadors ont apporté le chocolat aux Espagnols qui en en sont des
consommateurs impénitents. Pour l´anecdote, l´industrie chocolatière belge
plonge aussi ses racines en Espagne : une occupation n´est pas toujours inutile.
Les tartes de Santiago : on prétend que c´était l´une des récompenses
favorites des pèlerins à leur arrivée dans la ville sainte. Fourrée à la pâte
d´amande, la tarte de Santiago s´apparente au gâteau basque et aux innombrables
spécialités aux amandes que découvre le voyageur.
Les tejas de Tolosa :
la petite ville de Tolosa, au Pays basque, s´affirme capitale du chocolat et de
la pâtisserie en Espagne. Il est vrai que la tradition y est ancienne et que le
musée de la pâtisserie qui retrace le lien très ancien entre apiculteurs,
fabricants de bougies et pâtissiers ne manque pas d´intérêt. De toute cette
production, seules les tejas (les tuiles) s´exportent bien. Tout le reste doit
être dégusté sur place, frais du jour.
Le touron de Valence : dur ou
mou, avec fruits ou miel ou cacahuètes, l´histoire a permis au touron de se
diversifier et de se décliner en d´innombrables variétés. Mais la base en est
toujours une pâte d´amande avec laquelle jouent les pâtissiers. Sa facilité de
fabrication et ses délais de conservation ont malheureusement permis une
industrialisation que l´on regrette quand on a goûté un touron artisanal d´une
des innombrables pâtisseries valenciennes.
LES BOISSONS
L´Espagne
est le pays du vin : sol calcaire, soleil omniprésent, tradition et main d´œuvre
qualifiée ont permis la naissance de nombreuses zones de production : Duero,
Valdepenas, Rioja, Navarre, Andalousie….
Les vermouths sont
indissociables des bars espagnols. Il en existe des dizaines, cuits et
aromatisés. Chaque producteur affirme que sa recette est la meilleure, la plus
ancienne, celle qui a le plus de vertus thérapeutiques. Mais le vermouth se boit
« al grifo », au robinet avec un mélange d´eau gazeuse, légèrement mousseux et
très frais. Le goût dépend donc du producteur, de l´eau choisie par le patron du
bar et par le réglage de la pompe qui mélange eau et vermouth. Inutile de dire
que le produit n´est pas standardisé !
Albarino de Galice : albarino, en
vieil espagnol, c´est le « blanc du Rhin », un vin introduit par les bénédictins
autour de Santiago, avec de vieux cépages bourguignons. Les blancs de Galice
s´apparentent aux vins d´Alsace. Les vignes sont palissées, face aux embruns de
l´océan. La production n´est pas mécanisé et on comprend facilement pourquoi
quand on voit la taille des la situation des parcelles. L´un des plus beaux
paysages d´Europe reste le canyon du Sil dont les pentes abruptes sont cultivées
en terrasse. Chaque terrasse est occupée par un seul rang de vigne !
Txakoli de Gipuzkoa : vin blanc, rare, au goût très astringent qui est
une vraie relique. Le cépage en est un vieux cépage romain, le même que pour le
Jurançon ou le Gaillac mais conservé sans changement depuis vingt siècles. On
n´est pas obligé d´aimer….
Tempranillo de Rioja : encore un vin créé par
les Bénédictins sur le chemin de St Jacques ! Il existe plusieurs types de vins
de Rioja dont les mieux élaborés peuvent rivaliser avec bien des Bordeaux. C´est
normal : lors des guerres carlistes, de nombreux viticulteurs de Rioja ont
émigré dans le tout proche Bordelais et en ont rapporté techniques de culture et
de vinification. La vigne est cultivée non palissée, en buissons, afin de la
protéger des effets desséchants du vent.
Fino d´Andalousie : Xerez,
manzanilla, montilla–moriles, il existe de nombreuses variantes des vins blancs
secs d´Andalousie. Le Xerez est le plus connu, car il vieillit fort bien et les
Anglais ont fait sa réputation sous le nom de sherry. Le Tio Pepe de la famille
Domecq est devenu pratiquement un nom propre. C´est sur le succès commercial de
ce vin que les Domecq ont bâti un empire viticole qui s´étend aujourd´hui au
monde entier.
Horchata de chufa : La horchata (qui a donné le français «
orgeat ») est l´une des plus vieilles boissons espagnoles, inventée ou
introduite par les Arabes dans la région de Valence. Elle est élaborée à partir
du broyage des racines d´une sorte de papyrus qui pousse dans les canaux
d´irrigation des huertas. Très rafraîchissante, on la boit dans toute l´Espagne
du sud.
Boisson
La boisson reine est la bière, comme partout dans le monde. N´oubliez pas que
« cerveza » désigne la bière en bouteille et « caña » le demi pression.
En
Asturies, on ne boit pratiquement que du cidre, assez acide, toujours servi à la
manière traditionnelle. Sachez que si vous demandez un cidre, on vous servira
une bouteille.
Les vins espagnols ont atteint un haut niveau. Les meilleurs
rouges sont ceux de la Rioja qu´on trouve partout et les meilleurs blancs sont
les blancs galiciens, très proches des vins d´Alsace. Mais certains vins de
Navarre, du Duero, de Valdepeñas ou du Bierzo sont également excellents.
On
trouve en général trois types de vins : les vins primeurs (tintos jovenes), les
crianzas (vins élevés) résultant d´un mélange soigneusement conduit et avec peu
de garde et les reservas ou gran reservas avec une garde plus longue.
Enfin,
si vous ne précisez pas « café solo », on vous servira automatiquement un café
au lait.
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